Sans filtre, sans secret, notre ABC du déchétarisme

marie Frugalité Laisser un commentaire

4 minutes 30 secondes
Je sais, je sais, il était attendu ce billet. Merci de l’accueillir avec le même enthousiasme que j’ai eu à le rédiger. Depuis plus d’un an, je partage notre pratique du déchétarisme mieux connu sous le nom de #dumpsterdiving. Vous le constatez, l’abondance alimentaire est là dans les conteneurs, les petits comme les grands, les scènes parlent d’elles-mêmes. Avoir accès à de la nourriture gratuitement, c’est à portée de main. Je ne l’aurais jamais cru, il y a à peine cinq ans.

Une question qui revient régulièrement : « Marie, penses-tu que c’est accessible dans ma région?» Eh bien, jusqu’à présent, aucun endroit exploré ne nous a contrecarré; de Montréal à Sherbrooke passant par Mont-Tremblant, les 5 régions visitées de l’Australie et ici-même aux États-Unis. Et vous m’avez soufflé à l’oreille que même la région de Québec regorge d’or alimentaire.

Est-ce que ce sera aussi facile que se rendre aux rayons fruits et légumes et choisir ce que vous avez envie de manger? Non. C’est l’un des merveilleux apprentissages de la vie que m’a apporté cette pratique; honorer et célébrer ce qui se rend jusqu’à nous tout en pratiquant la manifestation. Depuis plusieurs semaines j’avais envie de cuisiner avec l’ail, nous n’en avons pas trouvé depuis près de 6 mois. Un soir, je le partage à Sacha…Et voilà que quelques jours plus tard, trois belles gousses d’ail dans nos trouvailles.

Êtes-vous traversés par une multitude d’émotions diamétralement opposées? Oui. Bientôt 4 ans que je pratique avec Sacha et je suis toujours subjuguée par le comportement humain. Je ne souhaite pointer personne spécifiquement, l’enjeu est systémique.

S’initier au déchétarisme c’est d’abord et avant tout une expérience humaine. Le démarrage peut parfois être ardu, voire même décourageant, car 90% des conteneurs ne sont pas accessibles. Vous trouverez ces conteneurs compacteurs, ceux cadenassés et ceux placés à l’intérieur du bâtiment. C’est donc dire que 10% des conteneurs fournissent 95% de notre alimentation. La magie opère dans ce tout petit 10%! Adopter la posture de l’exploration est notre meilleur conseil. Vous ne pourrez être déçu. Promis.

 Sans filtre, sans secret, notre ABC.

Le repérage

Parcourez votre quartier sous un nouvel angle. L’objectif? Trouver le conteneur et identifier de quel type il s’agit:

    • Est-il à l’intérieur de la bâtisse?
    • Est-ce un conteneur compacteur?
    • Est-il cadenassé?
    • Y a-t-il une benne à compost à proximité?
    • Y a-t-il une porte coulissante sur le côté donnant un accès?
    • Aurez-vous besoin d’un marche-pied?
L’identification des jours d’arrivage

Chaque soir, pendant 7 jours consécutifs, sortez explorer. Cette étape permet d’établir une calendrier précis des moments clés des collectes. Au bout de 7 jours, vous saurez précisément où et quand vous rendre au conteneur. Vous pourrez mettre en place votre routine et vous assurer de ne plus revenir les mains vides.

Ça peut sembler exigeant de sortir tous les soirs pendant une semaine, mais c’est là que ça devient payant à tous les coups.

Le nécessaire
    • Façon Sacha...Aller hop, on saute dans la benne et on récolte mains nues.
    • Façon Marie?! Paire de gants qui iront au lavage aussitôt arrivés à la maison. Nous avons déjà vu une dame utiliser des gants de vaisselle, j’avais bien aimé cette astuce!
    • Une pince à BBQ c’est plutôt sympa (merci du tip Hubert)
    • Parfois un marche-pied, un caisse de lait ou même le rebord de la valise arrière de votre voiture. Ouais…aussi fou que ça!
    • Une lampe frontale ou de poche. La lampe du cellulaire est à proscrire. Il est difficile de le poser, et le tenir à la main rend la collecte plus ardue. Pire? Il tombe dans la benne.
    • Sacs dédiés à ce type d’épicerie. On va se dire les vraies affaires, ils seront rapidement dégeulassés! Si vous y allez en voiture, très souvent, il y a des boites de carton à disposition dans le conteneur à côté!
    • Et du désinfectant de poche
Déterminer le meilleur moment de la journée

Les fins de journée et soirées fort certainement. Par contre, là encore, il faut ajuster notre pratique selon le type de commerce ou la saison par exemple.

De bons indices :

    • L’heure de fermeture du commerce. En épicerie traditionnelle, la tournée des fruits et légumes s’opère vers 20h, parfois 21h. Mais encore, c’est très variable.
    • La température de ce qui est jeté comme la viande.

C’est parfois exigeant de ressortir de la maison tard en soirée, mais pour nous, le gain est trop appréciable pour l’effort que ça requiert.

Ah! Les sites comme les marchés publics sont de véritables petites perles. Notre conseil? Si la fermeture est à 18h00, soyez-là à 18h05. Parfois, à 18h15 il est déjà trop tard, d’autres adeptes auront fait les plus belles récoltes.

Et pour tout vous dire, présentement, Sacha fait la tournée en finissant de travailler en plein jour. Bon! Il faut savoir que Sacha n’a rien à faire du regard des autres alors pourquoi pas?

Le soutien via les médias sociaux

Il existe plusieurs groupes via Facebook que vous trouverez en cherchant « Dumpster diving [insérer le nom de votre ville] ». Personnellement, ça nous a beaucoup soutenu à notre arrivée en Australie. Par contre, comme il s’agit d’une pratique plutôt marginale, ce n’est pas tous les adeptes qui sont enclins comme nous à partager tous leurs secrets. Ne soyez donc pas vexés ou surpris si une quelconque demande reste sans réponse.

Le savoir-vivre

Tout bon déchétarien pratiquera de façon propre et respectueuse. Assurez-vous de ne laisser aucune trace suite à votre passage. En sortant les denrées du conteneur, il peut y avoir plusieurs détritus au sol. Prenez un moment pour les ramasser. Autrement, il se pourrait bien que lors de votre prochaine visite le conteneur soit cadenassé. Et un spot de perdu…ce n’est malheureusement pas dix de retrouvés!

Nos meilleurs spots

Vous vous demandiez si nous accepterions de vous les partager n'est-ce pas? Aller! J’ai promis aucun secret. Aux marchés publics, les fruiteries, boulangeries et tout commerces de proximité s’ajoutent à la liste des petites perles notamment pour la variété et l’offre bio. Que se soit en Australie, à MTL, Sherbrooke, ici aux USA, nous avons constaté que les standards de «beauté», de «fraîcheur» pour répondre à la «demande» ou aux «exigences» de la clientèle sont largement supérieurs au supermarché… Disons que la beauté se retrouve vite dans le conteneur.

Envie de junk food? Sandwichs, boissons, chips, barres chocolatées? Alors là ce sera plutôt facile, une visite dans l’un de ces dépanneurs à l’enseigne bleu, rouge et blanche arborant un hibou et le tour est joué.

Aussi, promettez-moi de garder le secret entre nous d’accord? Je ne voudrais pas que ça se rende à leur oreille et que l’on se retrouve devant des conteneurs cadenassés. Ces endroits sont précieux pour plusieurs adeptes et nourrissent des dizaines de famille. Si l’envie de dénoncer est plus forte que vous, s.v.p, je vous prie de le faire anonymement. Il y a cette chaîne de quelques magasins bios dont l’enseigne porte 5 lettres que l’on peut associer à un mois de l’année.

Alors, voilà. Tout y est! Vous êtes prêts à vous lancer. N’hésitez surtout pas à me partager vos aventures, vos expériences et vos trouvailles, c’est si beau! Je vous jure que vous ne verrez plus les ruelles et arrières de commerce du même œil.
Have fun! #dumpsterdiving

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